mardi 12 novembre 2019

La forge a de l'avenir

  • Loïc Fombonne
  • 19 octobre 2015
  • Mise à jour le 30 octobre 2015
Marc Payelleville est professeur en BTS Forge au lycée Marie Curie de Nogent-sur-Oise. Il a accepté de répondre à nos questions et nous fait partager sa passion pour la « Forge ».

A quelle date, comment et dans quel but a été créé le BTS Forge ?

André CHAMOUARD, ingénieur Arts et Métiers, Responsable technique du Syndicat National de l’Estampage et de la Forge a été l’acteur principal de la création, on peut dire fondateur, du BTS Forge. C’est en septembre 1960 que la première promotion de Techniciens supérieurs en Forge est entrée à l’Ecole Nationale Professionnel de CREIL. Cette ENP devient Lycée Technique d’Etat en 1961, puis Lycée d’Etat Polyvalent Mixte et sera reconstruit sur la commune voisine, NOGENT SUR OISE, au début des années 80 pour devenir l’actuel Lycée Marie Curie. En juin 1986, l’atelier de forge « André CHAMOUARD » y est inauguré.

André CHAMOUARD explique au cours d’une conférence en 1965, quelle fut la nécessité de former les techniciens supérieurs en forge :

Former une personne aux différentes techniques de déformation du métal. En cela, lui apporter les bases de connaissance et de réflexion pour mieux appréhender les problèmes de forgeage afin de trouver des solutions. Elargir les horizons au regard des contremaitres qui était majoritairement d’anciens ouvriers ayant acquis de l’expérience.

C’est la personne qui vient assurer la maitrise des techniques de forgeage entre le forgeron expérimenté et l’ingénieur qui, lorsqu’il devient compétant en forge est éloigné de la production pour aller vers d’autres missions...


Quelles techniques de forge enseignez-vous et quels sont les postes proposés à la sortie de votre formation ?

Les techniques de bases existaient déjà en 1960 : La forge libre, le laminage circulaire, l’estampage, le matriçage, le laminage longitudinal ou transversal, le filage, l’extrusion... L’étude de ces techniques et la mise en pratique sur quelques exemples au lycée permettent d’aborder ensuite d’autres techniques plus « pointues » au cours de la carrière professionnelle. La forge est un de ces métiers où l’on apprend tout au long de sa vie comme le dit le proverbe : « C’est en forgeant qu’on devient forgeron ».

Les enseignements, en perpétuelle évolution, utilisent aujourd’hui les technologies les plus modernes dans le domaine de l’étude des pièces forgées en particulier.

A la sortie du lycée, les jeunes techniciens supérieurs continuent à apprendre soit en embauchant dans un atelier de forge ou dans un bureau des méthodes, soit en poursuivant les études vers des licences professionnelles ou des écoles d’ingénieurs par exemple. Il y a toujours une adaptation et une intégration progressives dans l’entreprise. Plus tard, avec l’expérience, ils deviennent « expert forge » ou responsable ou directeur...


Quelle est l’équipe pédagogique et quel est son message auprès des élèves ?

L’équipe pédagogique est constituée de professeurs certifiés ou agrégés de l’Education nationale qui sont tous, un jour ou l’autre, tombés amoureux de ce noble métier « La Forge ».

C’est surtout cette passion que les professeurs transmettent aux étudiants.

Les solutions aux problèmes de forge ne tombent pas du ciel ! Apprendre à maitriser la matière est nécessaire et très intéressant. Enfin, trouver la solution et produire une pièce forgée de qualité est un vrai plaisir.


La forge est un métier « ancestral », comment s’insère-t-elle avec les évolutions technologiques actuelles ?

Pour le commun des mortels, le marteau et l’enclume sont les seuls outils du forgeron, et le fer à cheval la seule pièce forgée. La forge artisanale, la ferronnerie, la coutellerie sont des métiers de la forge

Aujourd’hui, si je vous dis :

  • qu’on pilote des machines qui peuvent exercer un effort de 65.000 tonnes, qu’on utilise des machines qui produisent 15.000 pièces à l’heure, qu’on forge des pièces qui pèsent quelques centaines de tonnes,
  • que dans les véhicules qui vous transportent la sécurité est assurée par des pièces forgées qui font la liaison au sol,
  • que des moyens informatiques très importants (grappes de 8, 16 ou 32 ordinateurs... appelées clusters) calculent pendant des dizaines d’heures dans certaines entreprises pour simuler le forgeage et prévoir la structure métallurgique finale d’une pièce forgée,
  • que les machines de forge récentes sont pilotées par ordinateur et servies par des robots,
  • que la forge est écologique car elle produit depuis longtemps des pièces légères et à très hautes performances avec des métaux recyclés,

garderez-vous encore cette seule image du marteau et de l’enclume ?

La compétitivité des entreprises françaises de forge passe par ces technologies et aussi et surtout par la formation des techniciens de demain.

Bien entendu, pour maîtriser toutes ces technologies, les techniciens supérieurs sont formés à la conception des pièces, la conception des outillages, la simulation du forgeage en utilisant les outils les plus modernes qu’il soit.


Interview réalisée à Nogent sur Oise le mardi 15 septembre 2015

Marc PAYELLEVILLE - Professeur en BTS Forge
Lycée Marie Curie - 47 boulevard Pierre de Coubertin - 60180 NOGENT SUR OISE
Facebook | BTS Forge | Forge INTEC | Lycée Marie Curie

Nous remercions Marc PAYELLEVILLE pour sa participation.


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